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Le Front de Gauche fait partie de la majorité territoriale ; il dispose d’un groupe de six élus ; c’est en son sein qu’a été choisi le président de l’Assemblée de Corse; et il dispose d’un siège au Conseil Exécutif. Cette représentation est celle d’un peu plus de dix pour cent du corps électoral. Ce rappel est indispensable, il remet les débats à leur échelle. Autre rappel : cette majorité (relative) s’est constituée, entre les deux tours des élections territoriales, à partir de quelques grandes orientations sans que toutes ses composantes aient le temps de négocier le contenu de toutes les politiques publiques dont la CTC devait avoir la charge.

Malgré ce handicap initial, le Front de Gauche s’est toujours efforcé de maintenir l’unité de cette majorité, tout en conservant ses propres objectifs de battre la droite et de faire entrer le social à l’Assemblée de Corse. Et c’est lui qui continue de faire les plus grands efforts dans cette double direction. Ces conditions de départ, et la nécessité de trouver des majorités suffisantes pour faire adopter les éléments d’une politique nouvelle, expliquent les compromis (ce ne sont pas des compromissions) que les différentes composantes de cette majorité sont conduites à accepter.

Une telle situation est certes politiquement inconfortable, mais elle impose à chaque groupe une certaine remise en cause de ses certitudes ; elle impose une forme de dialogue. Même s’il est loin d’être dépourvu d’arrières pensées, il existe et il tranche avec le passé. Cela ne signifie pas que le Front de Gauche et sa composante communiste doivent renoncer à être eux-mêmes en s’alignant sur des positions qui leur seraient imposées de l’extérieur, même s’il s’agissait de celles du Conseil exécutif (surtout quand elles n’ont pas été validées par un vote de l’Assemblée de Corse). L’essentiel pour nous, c’est le débat citoyen et la construction politique ouverte, en lien avec les besoins populaires.

Tout ce qui fait avancer les intérêts du peuple doit être soutenu ; tout ce qui génère des illusions et de la confusion politicienne doit être combattu : voilà des principes simples qui peuvent orienter le positionnement des élus, de quelque bord qu’ils se réclament !

En voici un exemple avec la réforme constitutionnelle, qui est en débat dans les medias en ce moment : elle ne figurait sur aucun des programmes des listes de gauche, sauf celle du Front de Gauche qui s’était prononcé pour une autre Constitution ouvrant sur une sixième République, la Corse bénéficiant alors de la vaste réorganisation des pouvoirs qui en résulterait, des mêmes avancées démocratiques que le reste de la Nation, et de la reconnaissance de ses particularités géographiques et culturelles.. Des voix s’élèvent aujourd’hui pour réclamer sinon une refonte de la Constitution, du moins l’inscription en son sein d’une référence explicite à la Corse ; et cela de façon urgente et générale, avec pour motivation affichée : régler trois questions, la co-officialité de la langue corse et de la langue française, la question foncière, la question fiscale. Il suffirait ainsi, selon les promoteurs de cette idée, d’une simple mention de la Corse dans la Constitution pour obtenir toutes les dérogations au droit commun que certains réclament depuis longtemps

Nous sommes, nous l’avons dit et répété, en faveur d’une nouvelle Constitution. Nous sommes également favorables à une modification partielle de notre charte fondamentale si elle permet la co-officialité de la langue corse (nous avons été les initiateurs de cette proposition, il y a près de trente ans), ainsi qu’une fiscalité plus adaptée, organisant la contribution des gros patrimoines au développement de la Corse. Mais nous combattrons toute mesure qui éloignerait la Corse du code du travail et des droits des salariés, réintroduisant, par voie constitutionnelle, la possibilité d’une nouvelle mouture de zone franche qui serait, pour la Corse, une formidable régression… Il est, d’ailleurs, d’autres questions autrement plus urgentes qui se posent au peuple corse : l’emploi, le logement, les minima sociaux, les petites retraites, les salaires, le coût de la vie, les transports, l’avenir de l’agriculture, l’emploi des jeunes… Aucun d’entre elles n’exige, pour les faire avancer, de réformer la Constitution ! On peut même affirmer qu’une référence particulière à la seule Corse dans les textes fondant le pacte républicain, non seulement n’apportera aucune solution aux questions évoquées plus haut, mais cette mention spécifique pourrait servir de cheval de Troie aux ultralibéraux (qui rêvent d’en finir avec les droits sociaux) pour enfoncer un coin dans la protection des salariés et pour faire revenir en force la zone franche que nous avions ensemble rejetée.

Cette réforme constitutionnelle « spécifique » apparaît donc, telle qu’elle est annoncée, comme une fausse solution aux principales difficultés de la Corse, voire comme un danger potentiel pour les acquis populaires, sans cesse rognés et toujours menacés. Commençons plutôt par déployer et par utiliser résolument tout l’arsenal des moyens de droit commun existants (agence d’urbanisme, installation de l’ Etablissement Public Foncier qui sera un outil de régulation et d’intervention foncières…) : ils permettent déjà d’apporter des éléments de réponses efficaces aux problèmes posés, pour peu que l’on s’engage, au niveau national et européen, contre les politiques d’austérité et dans une lutte sans concession contre la fraude fiscale, en obtenant tous ensemble une réorientation de la politique gouvernementale en ce sens ; on en verra rapidement les effets en Corse aussi…

Et mettons en mouvement les forces vives du peuple corse pour arracher des moyens techniques et financiers adéquats en faveur de la construction de logements sociaux, pour obtenir les financements d’Etat qui pourront remplacer le reflux annoncé des crédits européens, pour conserver et développer la continuité territoriale sans cesse remise en cause, pour doter nos hôpitaux de plateaux techniques et de personnels leur permettant de remplir leurs missions de service public, pour aider les collectivités locales à équiper leurs territoires, pour inciter le secteur privé productif à investir en Corse aussi, aux côtés du secteur public et parapublic, pour développer une grande politique de formation et de recherche, bref pour engager la Corse, non vers les sempiternelles illusions institutionnelles, mais vers le progrès social, économique et culturel.

Nous accompagnerons ainsi la majorité territoriale en soutenant ses efforts dans la bonne direction. AJACCIO - BASTIA, Lundi 12 août 2013

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